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Les groupements féminins à
Popenguine
Socialement, le village de Popenguine est toujours traditionnellement structuré et, dans cette société, on considère généralement la femme comme l´inférieure de l´homme. Mais les femmes détiennent en elles-mêmes un énorme potentiel de développement, qu´elles soient femmes au foyer, qu´elles fassent du commerce avec les touristes ou qu´elles travaillent dans l´agriculture.
Les commerçantes
Le long de la rue principale de Popenguine, et en face de l´hôtel, des petits groupes de femmes sont là qui vendent des légumes et du poisson. Dans la rue principale, il y a aussi un atelier de tissage qui est subventionné par une organisation chrétienne belge.
D´autres femmes tissent aussi le coton. Elles ont construit un nouvel atelier et leur boutique est située juste en face de l´hôtel. C´est un groupe de jeunes femmes très différentes, mais pleines de vie. Elles espèrent beaucoup que l´hôtel leur apportera des clients potentiels.
Juste en face de l´hôtel, il y a un petit étal où quelques femmes vendent des fruits, des légumes et des noix de kola. Sur la plage, il y a aussi des femmes avec leurs paniers sur la tête à la recherche du client. De plus en plus de femmes commencent tout doucement à vendre des souvenirs aux les touristes. La pêche, de plus en plus décevante, et plusieurs années consécutives de sécheresse, ont engendré à Popenguine une production plus importante d´articles touristiques. Cette production s´est améliorée et représente maintenant un artisanat de haute qualité. Par exemple, des bijoux et des vêtements que les femmes vendent sur place aux touristes, et le dimanche sur les marchés des villages voisins.
Les femmes ont besoin des ressources économiques que l´arrivée de touristes pourra leur apporter. Mais, parallèlement, et bien qu´elles ne le disent pas, elles se font du souci en pensant aux conséquences que le tourisme pourra apporter.
Les femmes sur la plage
Sur la plage, une poignée de femmes déterminées, aux vêtements bariolés, se sont organisées afin de tirer profit du tourisme qui s´introduit dans leur société. La plupart d´entre elles n´ont jamais été à l´école, mais néanmoins elles savent tirer profit des possibilités qu´offre l´ouverture de l´hôtel. Le contenu de leurs paniers n´est plus le même. Ce n´est plus des poissons mais des objets d'art qu´elles vendent aux touristes.
La plupart d´entre elles soutiennent l´hôtel à 100% pour la bonne raison que c´est une source de revenus pour celles qui sont intelligentes et celles qui veulent travailler. Elles espèrent gagner de l´argent pour leurs familles, la famille la plus proche étant leur plus grand souci. Elles parlent avec Jeannot en lui demandant de ne pas vendre de "trucs pour touristes" dans l´hôtel même, mais de leur laisser cette source de revenus. Elles se mettent d´accord avec lui pour venir de temps en temps à l´hôtel pour vendre leurs produits artisanaux aux pensionnaires.
Elles n´essayent pas de se faire concurrence mais de collaborer. Elles travaillent par groupes de trois et passent d´un point de vente à un autre, car les étals ne sont pas tous aussi rentables. Elles mettent une partie de leurs revenus dans une caisse commune où, à tour de rôle, elles pourront soutirer de l´argent, et qui sert en même temps de caisse d´épargne. Elles se réunissent le 5 de chaque mois afin de décider à qui on donnera de l´argent cette fois-ci, et c´est souvent à une femme qui est dans le besoin.
Elles discutent aussi des mauvaises conséquences que l´hôtel peut entraîner: prostitution, pédophilie et argent "vite gagné".
Mais elles croient qu´on donnera à leurs enfants un bon enseignement. Quelques-unes de ces femmes espèrent même que leurs enfants se marieront avec des Européens, et elles en parlent clairement et à voix haute. Pour d´autres mères, ce sujet est tabou et jamais elles ne voudront l´admettre, jamais elles ne voudront le permettre, et jamais elles ne se confieront à personne, même à leurs proches. Les femmes sur la plage souhaitent avoir leur part du gâteau qui, comme elles le voient, est bientôt cuit!
Campement
Kër Cupaam
Campement Kër Cupaam est un petit hôtel situé en bordure de Popenguine. Il fait partie d´un projet, mis en route par une poignée de femmes, pour la protection et la préservation de la nature. Cette réserve naturelle a pour nom Kër Cupaam et en est le but principal. L´hôtel fait partie de cet écotourisme que les femmes aiment à encourager. Cet hôtel est composé de quatre cases aux murs de torchis et toits de chaume, une construction typique pour le peuple Sérères. Il y a un restaurant où les femmes servent le petit déjeuner aux pensionnaires, mais tout le monde peut venir prendre son petit déjeuner, le déjeuner ou le dîner.
Les cases sont placées les unes à coté des autres en bordure d´une place où des femmes vendent aussi des produits artisanaux. Il y a une centrale téléphonique, ou plus exactement un téléphone, et c´est important puisque ce petit hôtel est situé en dehors de Popenguine. Campement Kër Cupaam n´est pas seulement situé dans la réserve naturelle, mais aussi près de "la grande plage" où il n´est pas permis de construire.
Ce qui veut dire que sur cette plage, il n´y aura jamais d´hôtels ou de résidences secondaires construits par des Européens.
Liens
Vous pouvez en savoir plus sur Kër Cupaam grâce aux liens suivants:
http://popenguine.free.fr
http://www.billy-globe.org/fr_2001/2004/reportages/pop.htm
De la confrontation à la collaboration
Pour savoir plus...
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